Un pas dans la bonne direction pour notre patrimoine

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, déposait jeudi dernier le projet de loi 69 modifiant la Loi sur le patrimoine culturel. Au nombre des « rénovations » annoncées, soulignons celle d’offrir plus d’outils et de prise aux citoyens pour protéger leur patrimoine. La nouvelle loi prévoit aussi donner plus de pouvoirs aux administrations locales et aux MRC, tout en mettant en place des mesures d’encadrement et des mesures d’interventions préventives pour éviter les destructions successives auxquelles nous avons assisté ces dernières décennies.

 

La loi sur le patrimoine culturel, qui remplaçait en 2012 la Loi sur les biens culturels, apportait déjà des changements importants. Notamment celui d’élargir sa portée en termes de connaissance, de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel. Elle donnait plus de pouvoir aux municipalités en matière de protection du patrimoine bâti et donnait des pouvoirs aux communautés des Premières Nations pour la protection de leur patrimoine. Toutefois, et c’est un aspect maintes fois reproché aux dispositions de cette loi, les mesures de contrôle, par exemple dans la restauration d’un immeuble avec un statut, nécessitent l’approbation de la ministre. Or les délais pour cette approbation sont devenus exagérément longs et ont conduit à des situations trop souvent aberrantes.

 

En Montérégie, la mise en application des nouvelles mesures de protection et d’appui à la préservation du patrimoine bâti contenues dans le projet de loi 69 revêt une signification particulière. Est-il besoin de le rappeler, la destruction de la maison du patriote Boileau à Chambly a certainement contribué à éveiller les consciences à ce sujet. Le patrimoine est remarquable par la qualité et le nombre de sites dans notre région. Ce patrimoine constitue un vecteur identitaire important. Nous pourrions même ajouter que la richesse de son histoire est une partie importante de l’ADN de la Montérégie.

 

La nouvelle mouture de la loi, en offrant des outils et des pouvoirs accrus aux citoyens, représente un moyen supplémentaire d’agir localement pour protéger nos biens patrimoniaux. C’est aussi un moyen d’ancrer le citoyen dans son territoire et de le mettre en relation avec celui-ci. Bien sûr, il faudra être attentif à la façon dont se déploieront ces nouvelles mesures de protection du patrimoine. Comme le mentionne Marie-Andrée Chouinard dans son éditorial du 2 novembre, « Tous ces efforts supplémentaires pour améliorer la Loi sont heureux, mais ils ne viennent pas compenser l’un des principaux problèmes rattachés au respect du patrimoine bâti au Québec : le fait que plusieurs des leviers déjà présents dans la Loi n’ont pas été activés convenablement par le ministère de la Culture au fil des ans. »

 

Dans le même souffle, il faudra avoir à cœur de préserver le patrimoine immatériel, celui des savoir-faire traditionnels qui font partie de ce patrimoine. Ils sont aussi notre histoire et nos traditions et sont essentiels à la possibilité de restaurer et de conserver, dans toute sa richesse, notre patrimoine bâti.

 

 

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