Portrait d'un créateur de succès : Sébastien Barangé

Sébastien Barangé rallie les gens autour de sa passion pour les arts et la culture. Que ce soit la communauté d’affaires de la région métropolitaine ou les habitants de la petite municipalité de Frelighsburg, en Montérégie, Sébastien Barangé est l’homme d’affaires que l’on voit, entend et suit. Portrait d’une personnalité activement engagée pour le développement des liens arts et affaires.

L’engagement de Sébastien ne date pas d’hier. Il est reconnu pour ses nombreuses implications dans les secteurs des arts et de l’éducation sur la scène montréalaise. Il siège au sein de plusieurs comités et conseils d’administration dont Montréal Métropole Culturelle, Commission en art public et Ensemble pour le respect de la diversité.

Dans le domaine des relations arts et affaires, nous devons à Sébastien Barangé plusieurs initiatives innovantes telles que: Mécènes investis pour les arts (MIA, en collaboration étroite avec le Conseil des arts de Montréal en 2013) et la Brigade arts affaires de Montréal (BAAM, fondée en 2014). Sébastien Barangé est aussi le leader qui a rassemblé 100 mécènes de la relève d’affaires pour offrir à Montréal une œuvre d’art public pour son 375e anniversaire.

Partageant sa vie entre Montréal et la campagne montérégienne, il cofonde en 2018 la résidence d’artiste Adélard dont l’objectif premier est de favoriser la rencontre entre l’artiste et le citoyen.

 

Depuis plusieurs années, vous déployez une grande énergie à tisser des liens entre les communautés arts et affaires, pourquoi attribuer à leur partenariat une aussi grande importance?

D’abord parce que ces milieux ont beaucoup plus en commun qu’ils ne le croient. La démarche d’un chorégraphe qui passe des heures et des jours de recherche sur un mouvement a la même rigueur, la même passion et au fond une approche qui s’apparente beaucoup à celle de l’entrepreneur qui élabore un produit et investit temps et énergie dans la recherche et développement.

Ensuite, j’espère que de plus en plus de gens d’affaires s’impliqueront et investiront en culture, par passion bien entendu pour la création, mais aussi, pourquoi pas, par opportunisme. J’entends par opportunisme qu’il est important de démontrer au milieu des affaires qu’une communauté vibrante et rayonnante grâce à sa vie culturelle attirera plus d’entreprises qui choisiront d’y installer leurs bureaux ou de professionnel.le.s qui viendront y vivre. Enfin, la culture dans la vie des jeunes contribue grandement à leur réussite scolaire dans toutes les matières et à faire baisser les risques de décrochage, plusieurs études universitaires le démontrent scientifiquement. Une société du savoir a besoin de jeunes diplômé.e.s brillants et la culture y contribue pleinement.

 

Adélard est un projet très ambitieux. En peu de temps, vous avez pourtant réussi à rassembler de forces vives pour mener à bien ce projet. Vous avez des appuis provenant des sphères municipales, d’affaires, artistiques et communautaires. Quel est le secret de votre succès?

La vision que nous avons eue pour Adélard, c’est une vision qui s’apparente à celle de la « Slow food » ou de la permaculture, avec une croissance en harmonie avec le milieu et le terroir. Dans cet esprit, nous avons donc commencé par rassembler et consulter les forces vives : équipe municipale, entrepreneurs, agriculteurs, artistes et artisans locaux etc. Le projet a grandi avec cet objectif de maintenir toujours cet équilibre entre l’ouverture totale à la communauté dans son ensemble et une vision artistique professionnelle exigeante.

Vous êtes sur le point de lancer la 3e saison d’Adélard. Après deux ans, quels sont les impacts de la présence de l'organisme auprès de la collectivité de Frelighsburg et des environs?

Pour cette troisième saison, les écoles de la région et les camps de jour ont hâte d’accueillir les artistes d’Adélard pour des activités de médiation. Les gens nous disent aussi qu’ils ont hâte de venir rencontrer l’artiste en résidence de façon toute simple et de découvrir son travail. Adélard fait maintenant pleinement partie de la communauté et de la région. On nous dit aussi qu’Adélard attire de l’extérieur de la région de nombreux amateurs d’art qui du même coup, passent du temps dans les vignobles, les restaurants, les commerces et les auberges de la région.

Vous êtes président du conseil d’administration d’Adélard, quel est votre plus grand souhait pour cet organisme?

Lors de l’ouverture, nous avons dit à la blague qu’Adélard était là pour plus de 100 ans. Alors mon souhait c’est que ce lieu et son esprit soient partagés par le plus grand nombre, pour longtemps, bien au-delà de ma vie d’humain. Et si le dialogue avec l’art et les artistes que propose Adélard change un peu la vie de quelques jeunes, et moins jeunes, alors nous pourrons dire mission accomplie !

Vous êtes collectionneur d’art, vous vous impliquez sur de nombreux comités et conseils d’administration, vous avez cofondé Adélard et vous en assurez la présidence… qu’est-ce que votre engagement en culture vous rapporte?

Côtoyer la beauté, qu’elle soit en danse, en musique, en théâtre, en art visuel, est toujours un moment hors du monde et de sa tragédie. C’est un moment suspendu qui me manque d’ailleurs terriblement après un an de pandémie. Je suis extrêmement curieux et j’ai toujours un désir d’apprendre et de comprendre, alors mon engagement me permet d’être en dialogue avec des artistes, de découvrir leur démarche, ce qui les anime, comment ils travaillent. Puis il y a la compréhension du monde qui vient en fréquentant des œuvres et ceux qui les ont créées. J’ai par exemple hâte de considérer la question de la consommation et des objets différemment grâce à Jacinthe Loranger, la place des noirs et de l’esclavage dans la société québécoise grâce à Emmanuelle Jacques et Ana Jane McIntyre, le dialogue entre l’Orient et le Québec avec Aïda Vosoughi. Quatre artistes en résidence cet été chez Adélard.

Cher lecteur, profitez de la belle saison pour venir à la rencontre d’Adélard et de l’artiste, Jacinthe Loranger, en immersion jusqu’au 27 juin.

Avant de reprendre la route, nous vous suggérons de casser la croûte au café culturel Beat & Betterave. Garantis que votre journée vous aura bien rempli le cœur, le corps et l’âme.

 

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