Zéro toxique : naviguer le web de façon sécuritaire, bienveillante et éclairée

En février, le Mois Numérique Jeunesse met de l’avant le thème « Zéro toxique dans ton univers numérique ». Cette initiative, bien qu’adressée principalement aux jeunes de 18-35 ans, offre un moment idéal pour les artistes et professionnel·les du milieu culturel de renforcer leurs pratiques numériques, comprendre les risques liés à la toxicité en ligne et adopter des stratégies concrètes pour un environnement plus sûr et bienveillant.

La toxicité sur le web prend différentes formes : désinformation, cyberharcèlement, contenus choquants ou polarisants. Chacune d’entre elles présente des risques spécifiques pour les publics, les équipes et la réputation des artistes et organismes culturels. Comprendre ces phénomènes et connaître les solutions possibles est la première étape pour naviguer le web de manière consciente et responsable.

  1. Désinformation et fausses nouvelles : comprendre et prévenir

La désinformation se définit comme la diffusion intentionnelle ou non d’informations fausses ou trompeuses. Elle se distingue des simples opinions ou critiques, car elle peut manipuler les perceptions et influencer les comportements.

Signaux d’alerte :

  • Titres sensationnalistes ou alarmistes visant à déclencher une réaction émotionnelle rapide.
  • Sources douteuses ou anonymes, sans vérification ni transparence.
  • Images ou vidéos sorties de leur contexte ou modifiées artificiellement.
  • Contenus viraux circulant rapidement sans confirmation.

Impacts pour le milieu culturel :

  • Risque de relayer des informations inexactes, pouvant nuire à la crédibilité d’un organisme.
  • Confusion auprès du public ou propagation de fausses perceptions sur des événements ou des artistes.

Solutions et bonnes pratiques :

  1. Vérification systématique : confirmer les faits auprès de sources fiables ou reconnues.
  2. Croiser l’information : consulter plusieurs sources indépendantes avant de publier ou partager.
  3. Analyser le ton et l’émotion : se méfier des contenus qui jouent sur la peur, la colère ou l’indignation.
  4. Sensibilisation de l’équipe : former les membres à repérer la désinformation et à adopter une approche critique.
  5. Outils pratiques :
  1. Cyberharcèlement : détecter, prévenir et réagir

Le cyberharcèlement désigne toute forme de harcèlement ou d’intimidation exercée par le biais du numérique. Il peut se manifester par :

  • Messages menaçants ou insultants.
  • Commentaires répétitifs et malveillants.
  • Diffusion non autorisée de contenus privés.
  • Campagnes de harcèlement coordonnées sur les réseaux sociaux.

Impacts :

  • Stress et anxiété pour les équipes et les publics.
  • Atteinte à la réputation de l’organisme.
  • Découragement des participants ou des créateurs dans les espaces numériques.

Solutions et bonnes pratiques :

  1. Identifier les signes d’alerte : commentaires répétés, attaques ciblées, messages inquiétants.
  2. Mettre en place des protections : paramétrer la confidentialité des comptes, filtrer les commentaires, modérer activement les publications.
  3. Réagir de manière sécurisée : signaler et documenter les abus, bloquer les comptes agressifs, utiliser les outils de signalement des plateformes.
  4. Former l’équipe : sensibiliser sur la prévention, la gestion de situations sensibles et les ressources d’aide.
  5. Ressources utiles :
  1. Contenus choquants ou polarisants : limiter l’impact

Les contenus choquants ou polarisants visent souvent à provoquer des réactions émotionnelles fortes et à diviser le public. Il peut s’agir de :

  • Images ou vidéos violentes ou explicites.
  • Publications extrêmes ou très polarisantes.
  • Débats en ligne amplifiés par des algorithmes favorisant le sensationnalisme.

Impacts :

  • Déstabilisation ou malaise des publics.
  • Participation réduite ou réticence à interagir.
  • Amplification de tensions ou de divisions dans la communauté.

Solutions et bonnes pratiques :

  1. Identifier et réfléchir avant de partager : ne pas relayer les contenus uniquement pour leur viralité.
  2. Limiter l’exposition : utiliser des filtres, masquer les contenus et paramétrer les notifications.
  3. Encourager la nuance et le respect : modérer les discussions et rappeler les règles de civilité en ligne.
  4. Publier des contenus informatifs et bienveillants : chaque publication doit être utile et constructive.
  5. Outils et ressources :
  1. Checklist rapide « Zéro toxique »
  • Prendre un pas de recul avant de publier ou partager.
  • Vérifier la fiabilité et la pertinence des informations.
  • Paramétrer les comptes pour maîtriser la visibilité et les interactions.
  • Favoriser contenus clairs, nuancés et bienveillants.
  • Former l’équipe à reconnaître et gérer la désinformation, le cyberharcèlement et les contenus polarisants.

Le Mois Numérique Jeunesse 2026, à travers le thème « Zéro toxique », nous rappelle que le web est un espace collectif et vivant. Pour le milieu culturel, comprendre la désinformation, prévenir le cyberharcèlement et limiter les contenus polarisants n’est pas seulement une question de sécurité, mais une pratique essentielle pour créer des interactions numériques responsables, saines et bienveillantes.

Vous souhaitez aller plus loin ou amorcer une réflexion sur vos pratiques numériques ? N’hésitez pas à me contacter à numerique@culturemonteregie.qc.ca — je serai ravie d’échanger avec vous et de vous accompagner dans vos démarches.

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